Vous trouverez sur cette page le texte de la conférence des maires et associations lors de la conférence de presse du mardi 15 septembre et les articles parus ensuite.
CONFÉRENCE DE PRESSE du 15 SEPTEMBRE 2026
Mesdames, Messieurs merci de votre présence
Nous avons convoqué cette conférence pour informer que le 6 octobre prochain à 18h30 des maires, des élu.es métropolitains, départementaux et régionaux seront présent.es devant le ministère du logement avec des associations pour le droit au logement et surtout des demandeuses et demandeurs de logements.
Nous y réclamerons plan d’urgence pour le logement dans notre région et particulièrement dans la métropole
Est-ce que dans notre pays nous prenons la mesure de ce que cela veut dire pour, le présent et l’avenir d’enfants, de femmes et d’hommes, une moyenne de 11 ans d’attende pour obtenir un logement social ?
Une moyenne qui ne cesse de se dégrader d’année en année
Nous arrivons à cette situation que dans la région la plus riche d’Europe le manque de logement, les loyers excessifs, l’habitat indigne, les passoirs thermiques font souffrir des millions de franciliennes et franciliens.
Se loger en Ile de France devient une angoisse, obligeant à des sacrifices quotidiens, tout particulièrement pour les travailleuses et travailleurs de l’essentiel qui font vivre les « fameuses centralités » métropolitaines.
Est-ce qu’on mesure les dégâts que cela crée dans le « faire commun », le « faire ensemble », le faire ville ?
Cette situation est le résultat de choix politiques.
Cela fait des années que les gouvernements successifs aggravent la situation en baissant considérant ses crédits à l’aide à la construction notamment de logement social il ne faut pas s’étonner de la pénurie de logement actuel.
Selon certaines estimation la baisse de l’aide direct de l’Etat est 70 % à 90 % depuis le début du siècle.
On peut s’interroger s’il n’y a pas une volonté de tuer le logement social lorsqu’on s’attaque aux finances de bailleurs sociaux notamment avec la Réduction de Loyer de solidarité (RLS), lorsque la région Ile de France ne finance plus aucun de programme de logements sociaux dans les villes qui en possèdent déjà 30 % au nom d’une soi-disant lutte contre « les ghettos ». 70% de la population d’ile de France est éligible au logement social, la région pense donc que 70% de sa population forme ce ghetto. Infirmier, chauffeur de bus et de métro, employé municipal et de préfecture, enseignants, enfant de cadres serait les cas sociaux que la région ne veut pas voir. En vérité en fixant un plafond à 30% de logements sociaux, la région organise la pénurie, est coresponsable des souffrances des centaines de milliers de familles et d’enfants mal logés.
On dévalorise le logement social, on jette le discrédit sur les enfants, les jeunes, les femmes et les hommes qui habitent dans les quartiers populaires et qui se lèvent tous les matins pour apprendre ou apporter leur force de travail à la vie métropolitaine.
L’État continue de privilégié le logement privé, la marchandisation du logement et de mettre en difficulté le logement social. L’aide à la pierre pour le logement social est ridicule quand les moyens sont mis pour favoriser l’achat, l’état aide à la rénovation du parc privé et n’a pas d’aide pour rénover le parc social. Bref l’État favorise la marchandisation du logement social et créé la crise de la construction, du droit au logement, de la qualité de vie des familles.
Il est urgent de changer de logique dans les politiques logement, il est temps de changer de regard sur le logement social.
C’est ce que nous voulons faire entendre le 6 octobre devant le ministère et auprès du ministre à qui nous avons demandé rendez-vous.
Et également le faire entendre en ce début de campagne présidentielle où la crise du logement et les difficultés que cela représente pour nombre de citoyennes et citoyens de notre pays sont paradoxalement peu évoquées si ce n’est pas du tout.
Il faut donc que des propositions émergent et fassent débat parce que le logement et notamment social n’est pas une affaire de piston c’est bien un problème collectif qui ne peut avancer que par des choix politiques forts issues d’un débat démocratique intense.
Il est nécessaire de faire entendre cela et plus nous serons nombreux et plus le débat prendra de l’ampleur.
C’est pour cela que nous appelons l’ensemble des maires et des élu.es métropolitain.nes de gauche, l’ensemble des associations de locataires et de défense du droit au logement pour toutes et tous et tous les citoyennes et les citoyens qui le souhaitent à se retrouver le 6 octobre.
En ce qui nous concerne nous avons des propositions fortes et ambitieuses, qui peuvent nous semble-t-il, rassembler et unir.
Nous voulons relancer fortement la construction du logement social dans le concret et pas uniquement sur le papier du SRHH dont nous constatons que nombres de maires de droite ne sentent pas responsables des objectifs fixés et parmi elles et eux, il y a celles et ceux qui revendiquent de s’abstraire des 25 % de la loi SRU.
La solidarité métropolitaine ce n’est pas pour eux. Oui il faut imposer des objectifs de construction de logements sociaux, villes par ville, là il y a carence. Si cela n’est pas accepté à droite aucune discussion sur un éventuel PMHH métropolitain avancera parce qu’au bout celui-ci n’aura aucune utilité dans la crise du logement sociale que nous traversons.
Nous demandons également que dans toutes les opérations immobilières il y ait un minimum de 30 % de logements sociaux et que chaque ville s’engage à construire 13 hébergements d’urgence pour 1000 habitant-es
Et pour terminer comment ne pas évoquer – après les épisodes caniculaires de cet été – l’urgence de moyens pour la rénovation thermique.
Pour réussir cela nous proposons d’augmenter sensiblement l’aide à la pierre pour construire et rénover, nous appelons à supprimer la RLS la RLS pour redonner les moyens aux bailleurs de construire et rénover
Nous voulons déclencher un rassemblement pluraliste de toutes celles et ceux qui veulent s’attaquer à cette crise du logement. Chacune et chacun peut venir avec ses propres revendications, et pourra les exprimer. La crise du logement est un problème collectif, tous les maires ont leur permanence remplie de demandeurs de logement, tous les demandeurs pensent être un cas unique, mais on ne peut pas attribuer des logements qui n’existent pas.
Une seule solution: mettre les moyens pour construire partout, c’est ce que nous dirons au ministre du logement le 8 octobre.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 15 septembre 2026
Logement en Île-de-France : la situation est devenue intenable
Réuni·es ce mardi 15 septembre au siège de la Métropole du Grand Paris, des maires francilien·nes, des élu·es métropolitain·es, des bailleurs sociaux et des associations de locataires ont présenté huit propositions pour un « plan d’urgence » de 40 000 logements sociaux par an en Île-de-France, et appellent à une mobilisation le 6 octobre devant le ministère du Logement.
Paris, le 15 septembre 2026 – Un million de Francilien·nes attendent un logement social, dont plus de 700 000 dans la Métropole du Grand Paris (MGP), pour beaucoup depuis plus de onze ans. Face à une urgence qui ne cesse de s’aggraver, des dizaines de maires francilien·nes, d’élu·es de la Métropole, de bailleurs sociaux et d’associations de locataires se sont réuni·es ce mardi matin, au siège de la MGP, pour alerter sur une crise du logement devenue, selon leurs mots, « intenable », et présenter huit propositions communes pour garantir le droit au logement « pour toutes et tous ».
Cette mobilisation, engagée de longue date par les élu·es et les acteur·rices du logement social face à la dégradation continue des conditions d’accès au logement en Île-de-France, prend une résonance particulière : une semaine plus tôt, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, relançait l’idée d’un « fichier national des dettes locatives » destiné à recenser les locataires en situation d’impayés. Et deux jours avant la conférence de presse, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027, faisait du logement l’un des « grands chantiers » de son projet, lors de son discours de rentrée à Hénin-Beaumont : abrogation de la loi SRU, instauration d’une « priorité nationale » dans l’accès au logement social et aux APL, vente d’une partie du parc HLM. Deux annonces vivement critiquées par les participant·es, qui y voient la confirmation d’un « changement de cap » dangereux pour le droit au logement et la preuve que l’urgence qu’elles et ils dénoncent depuis des années est en train de s’aggraver plutôt que de se résoudre.
« Pendant que des élu·es de proximité se battent, chaque jour, pour loger dignement leurs habitant·es, le gouvernement invente un fichier pour ficher les plus précaires et l’extrême droite promet de casser la loi SRU. Nous, nous proposons de construire, pas d’exclure. » Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, président du groupe Communistes, Citoyen·nes et Écologistes de la MGP
« Un fichier des mauvais payeurs ne construira pas un seul logement social. La seule réponse sérieuse à la crise que nous vivons, c’est un plan d’urgence de construction à des prix abordables, et c’est ce que nous portons aujourd’hui, collectivement, avec 40 000 logements sociaux par an en Île-de-France. » Raphaël Adam, maire de Nanterre, président de la Commission Logement de la MGP
« Ce fichier ne réglera rien, il stigmatisera des locataires déjà fragilisé·es par la crise du logement et découragera l’accès au logement de celles et ceux qui en ont le plus besoin. » Vincent Clédiere, directeur général de la Confédération Nationale du Logement (CNL)
« On nous propose un casier judiciaire du locataire pauvre pendant qu’on laisse prospérer les marchand·es de sommeil et les loyers abusifs. Nos priorités sont ailleurs : produire du logement social, encadrer les loyers, réquisitionner les logements vides. » Eddie Jacquemart, président de la Confédération Nationale du Logement (CNL)
« Ce que propose Marine Le Pen, ce n’est pas une politique du logement, c’est une politique de la division. La priorité nationale dans l’accès au logement social est à la fois inefficace et contraire à nos principes. Paris continuera de loger tou·tes ses habitant·es, sans distinction d’origine. » Jacques Baudrier, adjoint au Logement de la Ville de Paris
« Dans nos villes de banlieue, nous accueillons déjà tous les premiers de cordées, les agent.es de la fonction publique, les familles nombreuses, les salarié.es les plus modestes, celles et ceux qui touchent des petites pensions, tous ceux qui n’ont pas les moyens de se loger dans un secteur privé désormais hors de prix… faute de logements aux loyers abordables ailleurs. Supprimer la loi SRU ou vendre le parc HLM, comme le propose le RN, ferait s’effondrer un système de solidarité déjà à bout de souffle. » Malika El Mouch, adjointe au Logement de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis)
C’est avec détermination que les intervenant.es ont exigé la relance de la construction de logements sociaux dans la Métropole du Grand Pierre en demandant que l’Etat prenne ses responsabilités pour y contribuer notamment par la relance de l’aide à la pierre
Huit propositions pour le droit au logement en Île-de-France
- Un plan d’urgence de construction de logements sociaux : 40 000 par an en Île-de-France, dont 22 000 dans la Métropole du Grand Paris, pendant quinze ans, avec un objectif de 13 hébergements d’urgence pour 1 000 habitant·es dans chaque commune, via le Plan Métropolitain de l’Habitat et de l’Hébergement (PMHH).
- Des sanctions coercitives contre les maires qui ne respectent pas leurs obligations au titre de la loi SRU.
- La fin des mesures discriminatoires de la Région à l’encontre des villes comptant plus de 30 % de logements sociaux.
- Un taux minimum de 30 % de logements sociaux dans toutes les opérations immobilières.
- La réquisition des logements vides.
- La suppression de la RLS (réduction de loyer de solidarité), une ponction sur les recettes des bailleurs sociaux qui limite leur capacité à construire et à entretenir leur patrimoine.
- Le rétablissement des crédits pour la rénovation thermique des logements sociaux, afin de les adapter au changement climatique.
- La construction de 13 hébergements d’urgence pour 1 000 habitant·es dans toutes les communes.
Ce que disent les chiffres
- Un million de Francilien·nes, dont plus de 700 000 dans la Métropole du Grand Paris, sont actuellement en attente d’un logement social – pour beaucoup depuis plus de onze ans.
- Dans la Métropole du Grand Paris, 68 000 foyers du parc privé consacrent encore plus de 40 % de leurs revenus à leur logement, même après aides (Institut Paris Région / Apur, juillet 2026).
- En mai 2026, l’Île-de-France est devenue la première région de France pour les impayés de loyer, concentrant 42 % des incidents recensés au niveau national (baromètre Monsieur Hugo, 2026).
- Un·e locataire parisien·ne sur deux consacre déjà plus de 34 % de ses revenus à son loyer, au-delà du seuil de 33 % jugé soutenable (Insee / Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne, mai 2026).
- Pour louer un simple 30 m² à Paris, il faut désormais justifier d’environ 3 700 € nets par mois, soit près de 1 500 € de plus que le revenu médian parisien (2 570 €).
Une mobilisation le 6 octobre devant le ministère du Logement
Les organisateur·rices de la conférence de presse appellent à une mobilisation générale le mardi 6 octobre, à 18h30, devant le ministère du Logement, aux côtés des demandeur·ses de logement, pour faire entendre l’urgence du droit au logement pour toutes et tous. Les maires francilien·nes, les élu·es de la Métropole, les associations de locataires et les bailleurs sociaux y renouvelleront leur appel à rompre avec des politiques qui, depuis des années, aggravent la situation au lieu de la résoudre, et à cesser de considérer le logement comme une simple marchandise.
Contact presse
Melina Cohen Setton – melina.cohen.setton@editial.fr – 06 18 12 74 59 / 01 75 34 67 68
L’article dans le journal Humanité 15 septembre 2026
11 ans pour obtenir un logement social dans le Grand Paris : comment le groupe communiste veut contraindre les communes à construire davantage
Onze ans. C’est le temps d’attente moyen pour obtenir un logement social dans la métropole du grand Paris, comme l’ont rappelé les élus du groupe Communistes, citoyens et écologistes réunis mardi 15 septembre au siège de la métropole.
Pour dénoncer cette situation, le groupe appelle, avec plusieurs maires franciliens et la Confédération nationale du logement (CNL), les locataires et les demandeurs de logement à manifester le 6 octobre à 18 h 30 devant le ministère du Logement. « Nous souhaitons que notre action s’étende aux institutions et aux maires de différentes couleurs politiques », a expliqué d’emblée Patrice Leclerc, maire communiste de Gennevilliers, selon qui une vingtaine de villes seraient déjà engagées dans la mobilisation.
Un plan d’urgence pour 40 000 logements sociaux par an en Île-de-France
Au cœur de leurs revendications : un plan d’urgence pour construire 40 000 logements sociaux par an en Île-de-France, dont 22 000 dans la Métropole du Grand Paris. Mais les élus veulent surtout éviter que ces objectifs restent de simples moyennes territoriales.
Ils réclament que le futur Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH) fixe, commune par commune, des objectifs de construction, avec au moins 30 % de logements sociaux dans chaque nouvelle opération immobilière et 13 places d’hébergement d’urgence pour 1 000 habitants.
« Si on n’a pas d’obligation liée à chaque commune, il est impossible d’atteindre les objectifs », alerte Raphaël Adam, maire de Nanterre et président de la commission Habitat et Logement de la MGP. Sur le territoire Paris Ouest La Défense, seules trois communes sur onze respectent aujourd’hui leurs obligations au titre de la loi SRU, souligne-t-il.
« Plus loin, plus petit, plus cher »
Les organisateurs demandent donc des sanctions plus coercitives contre les maires récalcitrants. La CNL va plus loin : son président, Eddy Jacquemart, propose leur inéligibilité à terme. « Les amendes, ce sont les contribuables qui les payent, ce n’est pas le maire », justifie-t-il. La crise est aussi financière. La RLS (Réduction de loyer de solidarité), pointe-t-il en exemple, est une ponction qui réduit directement les moyens disponibles pour « construire, rénover, aménager les quartiers » et assurer l’entretien du parc social.
Elle « n’a rien de la réduction de loyers, ni de la solidarité. C’est simplement un kidnapping des ressources des bailleurs sociaux pour que l’État se désengage du financement », dénonce Eddy Jacquemart. Les élus demandent également le rétablissement de crédits publics pour adapter le parc social au changement climatique, le retour d’une aide aux « maires bâtisseurs » et la remise sur le marché de logements vacants.
Pour le président de la CNL, la crise se résume désormais en trois mots : « Plus loin, plus petit, plus cher. » Raphaël Adam veut, lui, sortir le logement du registre de la demande individuelle. « On a l’impression aujourd’hui d’être dans une file de rationnement et d’attendre son tour », déplore-t-il. Une attente devenue si longue qu’« il faut inscrire sa demande avant la naissance d’un enfant pour avoir l’espoir qu’il ait sa chambre quand il rentre au collège ».
L’article dans le Journal du Grand Paris du mardi 15 septembre 2026




