Clement Beaume, le retour du « Haussmanisme autoritaire »

Clément Beaune, haut-commissaire à la stratégie et au plan, vient de remettre son rapport sur l’avenir du Grand Paris.

On se croirait revenu au début des années 2000 avec les scénarii, digne du 19e siècle, « Haussmann 1 », « Haussmann 2 » méprisant ainsi une décennie de débats entre actrices et acteurs métropolitain.nes qui n’ont pas accepté ces voix.

Pour Clément Beaume : une seule solution : la centralisation « Paris -banlieue » ; un seul chemin la dissolution de près de 150 ans de démocratie locale par fusion de communes.

Une solution à quoi d’ailleurs ?

Il n’a pas remarqué que les auteurs de la dernière fusion autoritaire de communes en Région Parisienne ont reçu un désaveu d’ampleur aux dernières élections municipales

(Saint-Denis / Pierrefitte) !

Le mieux vivre de toutes et tous celles et ceux qui habitent dans l’aire métropolitaine parisienne, quelques soient leur lieu de vie dans celle-ci, n’est pas une question de frontière ou d’un « Paris en plus Grand » mais de justice sociale, territoriale et environnementale.

Si sentiment de déclassement il y a, il est dans l’invisibilité voire dans le mépris, de souffrances de vie notamment dans les territoires populaires, il est dans la disparition de services publics.  Il est dans les politiques illibérales soutenues par Clément Beaune et ses amis Macronistes. Il veut cacher ses logiques porteuses d’inégalités territoriales par des changements de noms de territoires aussi poétiques soient-ils.

S’il manque des logements et particulièrement des logements sociaux la responsabilité est dans des politiques nationales qui ont réduit les budgets à la construction et les finances des collectivités locales. Un maire de droite de la Métropole ne construira pas plus de logements sociaux que les maires de droite en Ile-de-France qui refusent d’en construire aujourd’hui ! La réponse au manque de logements sociaux est politique et financière, ce n’est pas une question de structure institutionnelle.

Nous refusons cette attaque contre la démocratie locale.

C’est la démocratie municipale qui permet de faire entendre les aspirations des villes populaires. C’est la démocratie locale qui favorise l’estime de soi parce qu’elle crée du commun et de la richesse partagée.  

Quel est ce progrès démocratique proposé par Clément Baune quand un habitant du Grand Paris aura zéro chance de croiser une fois dans sa vie le maire du Grand Paris ?

Les communes impulsent déjà une forte vie culturelle et économique hors Paris. Les villes de banlieues n’attendent pas l’élargissement de frontière pour s’épanouir sous l’impulsion de leur démocratie. Contrairement à sa vision caricaturale, c’est en banlieue que sont créées les richesses économiques, culturelles et humaine. C’est là que la démocratie locale a été facteur de mobilisation pour la réussite des JOP 2024.

Les propositions de Clément Beaume s’inscrivent dans les vieilles recettes néolibérales de faire reculer la démocratie pour faire imposer des politiques de régression sociale. Rappelons que malheureusement de Londres à Sao Paulo en passant par Mumbai partout dans le monde la métropolisation centralisée et verticalisée aux services de puissant.es ne fait qu’aggraver les inégalités territoriales.  Aucune métropole en France n’a réduit les inégalités sociales et territoriales, toutes connaissent une gentrification excluant les couches moyennes et populaires.

Si le débat du Grand Paris est réouvert, il doit reposer les questions de solidarité, de démocratie, de protection de la planète, de la polycentralité pour le mieux vivre de toutes et de tous, de moyens pour les collectivités locales. Pour les élu.es du groupe « Communistes, Citoyen.nes et Écologistes » de la Métropole du Grand Paris cela passe par inventer de nouvelles formes de coopérations. C’est le sens de notre proposition pour un Syndicat Mixte regroupant communes, territoires, départements, régions et grands syndicats avec deux compétences l’air et l’eau.

Paris, le 4 juin 2026