Tribune: Transformons la Métropole du Grand Paris

Tribune de publiée par le journal l’Humanité le 17 mai 2026 https://www.humanite.fr/en-debat/ile-de-france/transformons-la-metropole-du-grand-paris-reclament-des-maires-et-elus-honoraires Des élus honoraires et des maires proposent une refondation du territoire mettant en son cœur la démocratie et refusant la marchandisation.

Périodiquement, revient l’idée que pour régler les problèmes de logements, d’aménagement, de moyens, de démocratie, de réductions des inégalités territoriales, il faudrait réformer la Métropole du Grand Paris, pour lui donner les moyens politiques de l’action.

C’est prendre le problème à l’envers. C’est confondre la structure, l’institution et les orientations politiques. Si l’on prend le logement social, comment croire qu’une majorité de droite à la Métropole construira le logement social indispensable pour résoudre la crise actuelle, quand ce sont ces mêmes maires de droite qui refusent localement d’en construire. Il ne s’agit pas d’un problème institutionnel mais d’une question politique.

Pire, donner plus de pouvoirs à la métropole aux détriments des communes, cela affaiblira la démocratie de proximité, la possibilité d’expérimenter localement, et favoriser un bipartisme bureaucratique qui ne répond pas aux questions des habitant-es.

Ce qu’il y a dans ces débats, c’est qu’il n’est jamais évalué les résultats des mesures décidées. Pourtant nos techno Politiques macronistes ont toujours le mot « évaluation » dans un coin de discours.

Les mutualisations dans le logement, dans les intercommunalités, les régions ont-elles été sources d’économie. Bien des rapports démontrent que non. La métropole centralisée de Lyon a-t-elle supprimée voire réduite les inégalités sociales et territoriales, il semblerait que non. A-t-elle eu un effet contre la gentrification excluant les couches moyennes et populaires? Non plus. La crise du logement s’est-elle améliorer par les regroupements des bailleurs sociaux: non, elle s’est aggravée.

A chaque fois que la droite gère une collectivité, c’est le recul du logement social. Les Maires de droite des communes de la Métropole préfèrent payer une amende que de satisfaire les besoins de leur population. L’application de la loi SRU doit être plus forte et dissuasive afin de les obliger à construire des logements sociaux et à prix abordables.

Il faut assumer le conflit politique dans le débat sur la Métropole du Grand Paris: les capitalistes ont besoin d’une Métropole centralisée pour marchandiser davantage la ville, quand les citoyen-nes ont besoin de communes pour travailler une ville et un espace urbain en commun.

Sébastien Lecornu a annoncé que le gouvernement souhaite « supprimer » des échelons dans ce qu’il appelle « le mille-feuille territorial ».

Dans ce contexte, l’association des Maires d’Ile de France a remis un document où cinq scénarios sont décrits. De la suppression pure et simple de la Métropole, à la régionalisation du fait métropolitain, en passant par la suppression des territoires ou la création d’un grand syndicat mixte métropolitain, que notre groupe « Front de Gauche » a proposé.

Pour les élu-es du groupe front de Gauche et citoyen-nes de la Métropole du Grand Paris, la première question à se poser est d’abord et avant tout,  celles des moyens financiers et des compétences pour une décentralisation améliorée, un respect de la libre administration des communes et des coopérations qu’elles peuvent décider.

Ou on redonne du pouvoir et des moyens aux collectivités locales ou l’on va vers une Métropole intégrée qui éloignera les citoyens des décisions qui les concernent. L’élection du Président de la Métropole au scrutin direct , comme proposée par certains, accélèrerait la concentration des pouvoirs.

Faire des collectivités, quelles qu’elles soient, des rouages de l’appareil d’Etat est une vieille idée remise au goût du jour par ceux qui ne supportent pas que les communes soient le lieu démocratique où les habitants choisissent leurs élus et le projet qu’ils portent.

Nous sommes donc pour transformer la Métropole du Grand Paris en un syndicat mixte avec deux compétences: l’air et l’eau, avec une gouvernance partagée. La MGP a su donner le ton sur la GEMAPI et surtout a investi là où l’Etat s’était désengagé depuis des années. Ce syndicat mixte pourrait aussi jouer le rôle que le Forum Métropolitain jouait: en dehors des enjeux de pouvoir, être un lieu d’études et de d’échange entre maires de toutes sensibilités politique sur l’aire métropolitaines (la zone dense) et en lien avec les départements, la région, les grands syndicats intercommunaux.

Notre proposition d’un syndicat mixte regroupant communes, territoires, départements, région et grands syndicats est la seule qui fait le pari de la coopération et pas celui de la concurrence.

Nous demandons que la future réforme de la Métropole ne se fasse pas sans la population et ses élus, et encore moins contre eux.

Il faut refonder la Métropole mais aussi et surtout garantir la pérennité des ressources dont disposent les collectivités. Pas de réforme institutionnelle sans réforme fiscale.

Pas de démocratie, sans une décentralisation qui place la commune comme la base de nos institutions. Pas de démocratie sans moyens pour un municipalisme du XXIème siècle qui fait face aux enjeux sociaux, climatiques, en capacité de lutter contre la marchandisation de la fabrique de la ville.

Les signataires:

Fatah Aggoune, Maire de Gentilly, Jean Noël Aqua Conseiller de Paris, Marie Hélène Amiable Maire honoraire de Bagneux, François Asensi Maire honoraire de Tremblay en France, Jacques Baudrier adjoint au Maire de Paris, Jacqueline Belhomme Maire honoraire de Malakoff, Méhadée Bernard Président de l’EPT12, Stéphane Blanchet Maire de Sevran, Philippe Bouyssou Maire d’Ivry, Ian Brossat Conseiller de Paris, Hélène Cillières Maire de Bagneux, Patrick Jarry Maire honoraire de Nanterre, Stéphanie Daumin Maire de Chevilly la Rue, Sonia Figuères, Maire de Malakoff , Jean Philippe Gautrais Maire de Fontenay sous-bois, Patrice Leclerc Maire de Gennevilliers, Corinne Martin Conseillère Métropolitaine, Dénis Özturun Maire de Bonneuil, Laurence Patrice Conseillère de Paris, Gilles Poux Maire honoraire de La Courneuve, Raphaelle Primet, Conseillère de Paris, Olivier Sarrabeyrouse Maire de Noisy le sec, Adrien Tiberti, Conseiller de Paris, Patricia Tordjman Maire honoraire de Gentilly, Abdel Sadi, Maire de Bobigny. Imen Souid Maire d’Orly,